[ 5 ] P r o m i s

[ 5 ] P r o m i s
.


Lorsque Marine frappa à la porte, Tino se tenait sur le canapé et se tortillait les doigts dans tous les sens. Et si elle ne le reconnaissait pas ? Et si elle l'ignorait ? Et si elle mourait d'envie de lui sauter à la gorge ? Et si... Et si rien du tout. Elle allait simplement lui dire bonjour, et ils passeraient une soirée calme mais l'ambiance serait un peu tendue, voilà tout. C'était ce que ce disait Tino, mais c'était sans compter sur ses foutus sentiments qui le prenaient toujours par surprise lorsqu'il s'y attendait le moins.
Julia qui se tenait assise à côté de lui, lui déposa une baiser sur la joue puis se leva pour aller accueillir leurs invités. Olivier alla ouvrir la porte et embrassa toute la famille.
Tino entendit la voix de Marine et ne put s'empêcher de sourire. Il l'avait toujours aimé cette voix. Si fluette, si fragile. On pouvait connaître la jeune femme rien qu'en l'écoutant aligner des mots dans une conversation. Il se leva machinalement et se dirigea vers l'entrée. Il s'arrêta, puis repris son souffle. Il se ressaisit et apparut enfin devant elle. A la vue de Christopher il pensa « Ah... Alors c'est à lui qu'elle est mariée. », mais lorsqu'il posa les yeux sur Léo il ne put s'empêcher de s'imaginer qu'il était son fils.
Marine manqua de suffoquer en le voyant là, si près d'elle. Elle lâcha la main de son fils et la porta à sa bouche machinalement. Elle se prit à en vouloir à son frère et son amie de ne pas l'avoir prévenue de la présence de Tino, cet homme qu'elle avait tant aimé et tant haït. Elle pensait en être arrivée au stade de l'indifférence mais le voyant si près, si vivant elle se prit en pleine face une vague de sentiments oubliés, ou cachés, enfouis sous un masque d'indifférence.

Pen
dant de longs instants qui leur parurent une éternité, ils se regardèrent simplement. Ils cherchaient des réponses dans leurs yeux. Des réponses à des questions qu'ils ne s'étaient jamais posés faute de temps. Les visages anxieux de la réaction de l'autre, ils ne se quittaient pas des yeux.
Ce fut
Olivier qui brisa ce silence pesant, installé dans la pièce, en leur indiquant le chemin de la salle à manger.
Il passa devant accom
pagné de Tino, Christopher et o. Marine en profita pour attraper le bras de son amie.

« Tu
savais qu'il serait là ?
- Je ne
savais pas que vous viendriez ce soir.
- Mais tu savais qu'il v
iendrait aujourd'hui ?
- Il m'avai
t dit il y a plusieurs jours qu'il passerait... Mais tu le connais, je ne savais ni la date, ni l'heure.
- Non justement. Je cro
is que je ne le connais pas. En fait... Je ne l'ai jamais vraiment comprit. »

Julia acquiesça d'un signe de la tête et entraîna Marine avec les garçons. Ils passèrent une soirée plutôt agréable, sans prendre en compte les regards à la dérobée que se lançaient Marine et Tino. L'ambiance était assez électrique car Christopher n'arrivait pas à saisir la cause de cette gêne. Il semblait assez énervé de la situation mais grâce aux histoires d'Olivier et les rires de Léo, il réussi à contenir ses émotions. Mais le petit garçon qui était fatigué commença à s'endormir lové sur le canapé, et donna sans en être conscient le signal du départ pour ses parents.

Tino déclara qu'il se faisait tard et qu'il devait rentrer. Il alla chercher son manteau déposé sur un porte manteau, et l'enfila. Marine entra dans le vestibule au même moment pour prendre également son manteau. Pour paraître moins idiot il lui lança :

« Toujours m
édecin ?
- Toujours archéologue
? répliqua-t-elle pour tenter de dissimuler sa gêne. »

Il leva
les yeux sur elle et remarqua qu'elle avait les yeux pétillants. Il sentit son pouls s'accélérer et sa gorge se nouer.


« Tu
as de quoi noter ? arriva-t-il à articuler.
- Non, mais on pe
ut demander à Julia.
- Non. J'te donn
e mon numéro.
-
Tino je...
- Ec
oute... 06... 23... 86... 75... 99...
- 06 23 86 75 99,
se répéta-t-elle à elle-même et pour le retenir plus facilement. »


Marine se retourna et retourna rejoindre les autres précipitamment. Christopher et elle dirent au revoir à tout le monde et sortirent dehors. Ils montèrent dans la voiture et pendant tout le trajet Marine ne regarda pas la route, regardant toutes les étoiles à travers la vitre.

Dans leur a
ppartement, Julia et Olivier débarrassaient la table, aidés par Tino qui était finalement resté quelques minutes de plus pour aider à ranger.


« Merci
Julia... Je vais y aller. Il se fait tard, vous devez avoir envie d'aller vous coucher.
-
Tino attend... heu... Tu dors où ?
- Je te re
mercie de vouloir m'offrir l'hospitalité mais j'ai de quoi dormir.
- J'espère que tu vas bien, e
t que tu repasseras.
- Promis. M
erci. »


Et il sorti de l'appar
tement le c½ur gonflé d'émotions. Décidemment... Quelle journée !




Un peu inspiré de Match Point pour le numéro. ^^
D'ailleurs c'est un "faux numéro".
'fin il doit probablement exister mais je ne sais absolument pas sur qui
vous pourriez tomber en appelant xD
Scène un peu molle mais elle est importante.
Bisous et Merci pour vos encouragements !

# Posté le dimanche 04 mars 2007 13:07

Modifié le jeudi 27 décembre 2007 08:24

[ 6 ] J ' p o u v a i s . p a s . r e s t e r . i c i

[ 6 ] J ' p o u v a i s . p a s . r e s t e r . i c i
.
Marine ferma les yeux et les rouvrit presque aussitôt. La nuit avait été de courte durée et ses sens n'étaient pas encore bien réveillés. Assise, seule, à son bureau elle se demandait comment les événements avaient pu s'enchaîner aussi vite. En se levant la veille elle n'aurait jamais imaginé se retrouver nez à nez avec Tino, qui l'avait lâchement abandonné une dizaine d'années plus tôt. Et en se rendant innocemment chez son frère, elle l'avait trouvé là, toujours aussi beau dans sa fragilité. Elle s'était prise une grosse gifle de souvenirs en pleine figure mais elle avait été heureuse de le revoir. Certes elle avait été bouleversée jusqu'au plus profond d'elle, mais elle s'était rendu compte que ses sentiments à son égard s'étaient mués en une autre chose plus délicate que de l'amour. Néanmoins elle ressentait le désir de lui parler avant qu'il ne s'échappe à nouveau. Il fallait qu'elle parle avec lui pour qu'il lui dise, pour qu'il lui explique pourquoi il s'était sauvé.
Elle signa un document attestant de son au
torisation pour l'opération d'un patient qui était à l'article de la mort. Elle trouvait la procédure ridicule. Pourquoi avait-on besoin de sa signature alors que l'opération était vitale pour ce patient ? Il subirait une greffe de rein dans les plus brefs délais une fois qu'elle aurait rendu ce dossier. Elle referma à la va-vite le dossier qu'elle consultait quelques minutes plus tôt et attrapa son téléphone dans son sac.
Elle alla se poster
à la fenêtre de son bureau et composa le numéro que Tino lui avait soufflé à l'oreille. Bien évidement elle s'en était souvenue de mémoire. Lorsqu'il le lui avait donné elle n'avait pas de quoi noter et ils ne devaient pas éveiller les soupçons. En entendant sonner, elle se mordit les doigts en se demandant ce qu'elle allait bien pouvoir lui dire. Lorsqu'il décrocha enfin elle lâcha brutalement et sans aucun préavis :


« J'voudrais te voir !
- Marine ? C'est toi ?
- Oui... oui pardon !
- Tu veux vraiment qu'on se voie ? »


Après
une simili conversation vide de sens et tout à fait banale ils s'étaient fixés un rendez-vous. Il allait venir la chercher devant l'hôpital d'un instant à l'autre. Elle ne saurait pas réellement quoi lui dire. Elle ne saurait pas non plus quoi faire. Mais elle n'eut pas vraiment le temps de réfléchir à sa manière d'agir car déjà elle voyait une voiture orange s'avancer. Il s'arrêta devant elle et se pencha en ouvrant la portière avant. Elle regarda autour d'elle comme pour s'assurer qu'on ne la verrait pas et s'engouffra dans la voiture. Tino essaya d'engager la conversation mais aucun son ne parvenait à sortir de sa bouche. Ses lèvres restaient fermées et n'avaient apparemment pas l'intention de s'ouvrir. Il se résolu donc à attendre que Marine parle. Mais le silence qui régnait était plus qu'insupportable et Tino s'arrêta net au beau milieu d'une rue un peu sombre. Il serra le frein à main et se tourna vers elle en posant son bras sur l'appui tête de son siège. Elle persistait à regarder droit devant elle bien qu'il ne se passât rien en face. Tino se mordit l'intérieur des joues, se gratta derrière la nuque et poussa un grand soupir. Il hocha la tête de gauche à droite, puis de droite à gauche en l'observant. Elle ne lâchait pas des yeux cette chose invisible qu'elle feignait de regarder.


« Tu as perdu l'usage de la par
ole ? » demanda-t-il abruptement.


Marine se sentit perdue et se demanda ce qu'elle faisait avec lui dans cette voiture, dans cette rue. Elle essuya du revers de la main les larmes qui s'étaient logées dans le coin de ses yeux. Tino la força à le regarder en tournant son visage vers le sien.


« J'devrais m'en
aller. Pardon. »


Elle s'apprêta à ouvrir la
porte et à s'enfuir mais Tino se pencha vers elle et la retient d'un geste ferme. Elle s'assit sur le siége et soupira à son tour.


«
Tu m'as fait venir pour parler. Alors ne me laisse pas seul. Je risquerai d'avoir du mal à te faire la conversation si tu n'es pas là.
- Je ne sais pas si c'est une bonne idée fi
nalement.
- Je prends le risque.
- Et ça s'ra
pas la première fois, dit-elle amèrement.
-
Je crains de deviner de quoi tu veux parler.
- Ah... Tu le devines seulement ? Tu n'as pa
s une idée plus claire par hasard ? T'es vraiment qu'un gros... naze. Tu m'as littéralement abandonnée il y a dix ans et voilà que tu cherches à me voir... Et que maintenant tu voudrais que...
- J'veux rien du tout. 'Fin...
si, j'voudrais simplement parler avec toi. Rien qu'un peu, histoire d'savoir si tu vas bien...
- Et bien je suis mariée, dit-elle en m
ontrant son annulaire gauche, et j'ai un fils que tu as pu voir...
- Oui, d'ailleurs il te
ressemble beaucoup. Mais... tu sais quand j'suis parti j'ai fait exprès de partir dans la précipitation.
- Dans la précipitation ? C'
est le moins qu'on puisse dire ! Tu n'as laissé aucune trace de toi, donné aucune nouvelle. Comment tu voulais qu'on soit rassurés. Comment j'aurai pu ne pas t'en vouloir ?
- J'av
ais mes raisons à ça...
- Ah oui... ? Et lesq
uelles s'il te plait ? demanda Marine au comble de l'énervement.
- J'ai été appelé sur un
chantier au Mexique pour des fouilles... C'était la chance de ma vie. Je n'avais pas trouvé de vrai travail, à part guide dans ce foutu Louvres... C'était une vraie opportunité, je ne pouvais pas la laisser passer.
- T'aurai
dû me prévenir au moins de ton départ.
- Si
je l'avais fait on aurait souffert et...
- Ma
is J'AI souffert ! Tu crois que ça a été une vraie partie de rigolade le jour où tu t'es fait la malle ? Hein ? Tu crois que j'me suis pas posé plein de questions ?
- J'pouvais pa
s rester ici. J'pouvais pas te demander de me suivre. Tu étais promise à une belle carrière ici...
- J'aurai voulu être avec toi, dit-
elle en étouffant un sanglot. Je te haïs de m'avoir mise dans cet état là... J'croyais que nous deux c'était solide. Qu'on ferait tout ensemble... Mais j'ai compris que je ne pourrais plus avoir confiance en toi... Et maintenant tu cherches à me revoir... Je trouve ça tellement... idiot !
- Attends une seconde. J
'pouvais pas savoir, moi, que tu serais là hier soir. J'pouvais pas savoir que tu irais chez ma cousine... et aussi chez ton frère, à ce moment là. J'pensais seulement voir Julia tu vois... Lui dire combien vous m'aviez manqués et... voilà. Voilà où on en est. Dans cette voiture bidon, dans cette rue sordide et mal éclairée, à se disputer à propos du passé... »


Tino détourna à son tour le regard de Marine. Ils évitaient tout simplement de se regarder pensant trouver en l'autre le signal qu'il fallait continuer ou bien arrêter. C'était sans compter sur le siège de Marine qui bascula en arrière d'un coup. Elle se mit à rire, d'un rire cristallin et contagieux. Tino s'y mit aussi.


« Pardon, j'ai appuyé un p
eu fort sur le déclencheur... dit-elle avec un sourire.
- C'est pas grave regarde... »


I
l fit lui aussi basculer son siège, mais plus doucement. Ce petit incident avait réussi à détendre un peu l'atmosphère lourde.
Marine s'approcha soudainement de Tino qui se laissa faire et elle l'embrassa sans aucun autre préavis...
La suite... Je ne peux pas vous la
raconter car je me suis éclipsée...
En revan
che, ce que je peux vous dire, c'est qu'ils ont été heureux ensemble. Une dernière fois...

# Posté le dimanche 04 mars 2007 13:11

Modifié le jeudi 27 décembre 2007 08:24

[ 7 ] C e t t e . f o i s . c ' e s t . m o i . q u i . p a r s !

[ 7 ] C e t t e . f o i s . c ' e s t . m o i . q u i . p a r s !
.


Tino embraya tandis que Marine arrangeait ses cheveux en se regardant dans le rétroviseur. Ils retournaient à l'hôpital afin que Marine récupère sa voiture et rentre chez elle... comme si de rien n'était. Comme si ils devaient tout oublier des évènements pcédents. Comme si leur histoire ne devait pas exister. Mais il est des évidences qu'on ne peut pas nier. Celle là en faisait partie. Tino roulait vite comme pour oublier le fait qu'ils ne devraient plus se revoir à présent. « La meilleure façon de se dire au revoir » elle avait dit... Tino soupira. Durant tout le trajet il n'avait pensé qu'à cette petite phrase. Bien sûr il le savait mais il restait encore une once d'espoir qui subsistait toujours en lui. Lorsqu'il avait pris la décision de revenir à Paris il avait été motivé par le fait de revoir sa famille bien sur mais... il avait prévu de magnifiques retrouvailles avec Marine. Des retrouvailles qu'on ne voit que dans les films américains à succès. « J'ai été idiot de croire qu'elle m'attendrait pendant dix ans » se reprocha-t-il à lui-même en haussant un sourcil.

Quand e
nfin après un trajet silencieux qui leur parut à chacun interminable, ils arrivèrent à l'hôpital, Marine ouvrit la portière et fit quelques pas. Elle claqua la porte et fit le tour du capot pour se retrouver près de la fenêtre de cet homme qu'elle avait tant aimé. Il baissa la tête pour tenter de dissimuler sa tristesse. Ils allaient se quitter une deuxième fois...


« Cette
fois c'est moi qui pars... dit-elle à regret.
- Tu ne
pourras plus m'accuser d'abandon.
- T
u sais très bien que...
- Que c'est
impossible... oui ! Allez, va retrouver ton Christopher dans ta superbe maison, signe de tant d'années de sacrifices...
- J'regr
ette que tu le prennes comme ça.
-
Marine... ne t'en fais pas pour moi. Je survivrai... J'ai survécu pendant dix ans, ajouta-t-il avec un faible sourire.
- On sera sû
rement amené à se revoir...
- Et on a
visera à ce moment là. Allez file, dit-il avec un réel sourire cette fois-ci. »

Pour seule
réponse la jeune médecin s'approcha doucement de son visage et déposa un simple baiser gorgé de tendresse sur les lèvres de son amant. Il lui fit un signe de la main et lui lança un de ces regards dont vous savez qu'il sera le dernier. Elle le regarda partir au loin, restant dans ce parking d'hôpital presque vide à une heure si tardive.
Sans trop r
éfléchir elle chercha sa propre voiture du regard et lorsqu'elle l'eut trouvée elle fouilla dans son sac pour trouver la clé. Elle appuya sur le petit bouton, qui ouvrit automatiquement sa voiture et s'y engouffra. Elle roula jusqu'à chez elle mais arrivée à destination elle décida de rebrousser chemin et de continuer à rouler un peu, avant de rentrer chez elle.
El
le aimait cette sensation grisante de rouler sur une route presque déserte en ne sachant pas où aller. Elle roulait, roulait en laissant les larmes, elles aussi, couler sur ses joues d'une extrême pâleur. Elle venait de quitter Tino de son plein gré et se sentait enfin libérée d'un poids lourd d'une dizaine d'années. Elle sentait à présent plus légère et décida d'appeler Christopher pour le prévenir de son arrivée. Elle attrapa son téléphone portable dans son sac en lâchant son volant. Quelle importance, il n'y avait jamais personne sur ses routes là... Elle composa frébilemment le numéro.

« Allô ?
demanda Christopher d'une voix endormie.
- Pard
on mon amour je te réveille...
-
Marine ? Mais qu'est ce que ...
- Bien s
ûr que c'est moi ! Est-ce que d'autres personnes t'appellent « mon amour » ?
- Non
mais... J'me demandais pourquoi tu m'appelles alors que tu es sensée être à la maison depuis longtemps. Tu es de garde cette nuit ?
- No
n... Mais en rentrant de l'hôpital j'ai eu envie de rouler... enfin rien de bien important. J'voulais juste te dire que j'arrive. Et aussi... que je t'aime !
- Moi aussi je t'aime... Dépêche toi de rentrer, tu me manques !
- Ah...
m'aurais-tu préparé une surprise ? demanda-t-elle avec un sourire malicieux »


Elle ne rega
rdait plus où elle allait. La route défilait devant elle mais elle ne voyait plus la grosse bande blanche qui la séparait en deux. Elle roulait à gauche s'en même s'en rendre compte... Mais soudain ses yeux s'écarquillèrent, et son sourire malicieux laissa place à un regard plein d'inquiétude. Elle fut aveuglée par deux énormes phares et elle n'eut pas le temps de réagir assez vite... Bientôt elle ne vit plus que cette lumière vive qui lui transperçait la cornée et elle fut projetée hors de la voiture.

Plus l
oin, la voix de Christopher hurlait dans un téléphone portable qui serait bientôt réduit lui aussi en miette par ce camion qui avait percuté Marine.


Musique:
If I Let You Go - Westlife

Scène courte mais... c'est une des plus importante de l'histoire...
Désolée pour cette attente...

# Posté le dimanche 04 mars 2007 13:16

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 16:26

[ 8 ] A c c i d e n t é e

[ 8 ] A c c i d e n t é e
.
Octobre 2011

Julia qui était de garde, lisait Les Chroniques de San Francisco d'Armistead Maupin, une petite bouffée d'air dans cette nuit fraîche d'Octobre. Elle reposa les aventures de Mary Ann, Michael, Mona et les autres à contre c½ur lorsque quelqu'un frappa énergiquement à sa porte. Elle se leva et ouvrit la porte à la volée, étonnée de voir Olivier se trouver de l'autre côté. Il avait l'air perdu et essoufflé. Il devait avoir fait tout le tour du bâtiment pour la trouver.


« Que se passe-t-il ? demanda-t-elle anxieuse devant sa mine déconfite.
- C'est
Marine... elle... elle... vient d'être retrouvée sur la route... accidentée ! »


C'est to
ut ce qu'il parvint à articuler avant de s'effondrer en pleurs dans les bras de la femme qu'il aimait. Il la serra tellement fort que Julia manquait presque d'air et ne se rendit pas tout de suite compte de la répercussion des mots d'Olivier. Elle se retenait de pleurer alors que son amant déversait sa peine sur son épaule. Elle faisait ce qu'elle pouvait pour le consoler par des gestes mais elle ne parvenait pas à cacher son bouleversement.


« Est-ce que.
.. Christopher est au courant ?
- Oui. Il e
st en bas, à faire les cent pas avant qu'on annonce les résultats...
- On devrait aller le voir. Je n'ai pas envie qu'il reste seul. C'est déjà assez dur comme ça... »


Elle es
suya tendrement les larmes qui coulaient encore sur les joues de son amoureux et il l'embrassa tout aussi tendrement, puis ils sortirent du bureau en dévalant les escaliers d'un air inquiet. Ils cherchèrent Christopher du regard mais il ne fut pas très difficile de le retrouver. Parmi toutes les personnes attendant les nouvelles d'un proche il était le seul à marcher de long en large à travers la pièce. Il ne sembla même pas les remarquer et Olivier dût lui attraper l'épaule afin qu'il s'aperçoive de leur présence. Julia le prit dans ses bas et remarqua qu'une personne manquait...


« Où est Léo ? Tu l'as laissé tout seul ?
- N
on, je l'ai confié à une voisine...
- A cette
heure-ci ? demanda-t-elle crédule en jetant un coup d'½il à sa montre qui indiquait 02 :27.
- Oui, mais
c'est une jeune qui passe ses nuits à taper des nouvelles sur son ordinateur, alors je ne crois pas que d'avoir un enfant sur son canapé la dérange beaucoup. »


Tou
s les trois ne savaient plus quoi se dire, ni quoi faire. Ils hésitaient entre l'envie grandissante de s'asseoir et de tomber en larmes les uns sur les autres, et la patience. Finalement ils optèrent pour la patience même si leur envie de déverser leur peine ne les quittait pas. Lorsque des places se libérèrent ils s'assirent à côté et Julia laissa glisser sa tête contre l'épaule d'Olivier qui gardait les yeux dans le vague. Christopher, lui, fixait les aiguilles de l'horloge du service qui avançaient trop lentement à son goût. Olivier jouait avec sa chevalière qui lui encerclait l'auriculaire gauche ce qui trahissait son anxiété et son impatience. Julia lui attrapa la main, afin de faire cesser ce jeu, et afin de tenter de l'apaiser. Mais c'était perdu d'avance, elle aussi finit par céder et laissa s'échapper les larmes qu'elle tentait en vain de retenir depuis l'annonce de la nouvelle. S'en apercevant, il lui déposa un doux baiser sur les cheveux et la serra plus fort encore contre son c½ur.


« T
u ne devais pas être de garde cette nuit ?
-
Si... Je vais aller demander à une autre psychologue de prendre le relais.
- Il y en a
d'autres disponibles ce soir ?
- A priori non, j
'étais la seule sur mon service mais je vais demander à un autre médecin de surveiller. »


Elle se leva,
le laissant seul avec Christopher. Olivier continua d'observer son beau-frère, il n'avait jamais été très doué pour la communication et c'est à ce moment là qu'il le regrettait le plus. Sa s½ur venait d'avoir un accident et il ne trouvait pas les mots pour réconforter cet homme qui l'aimait tant... Christopher non plus ne savait pas quoi dire ou faire pour exprimer son désarroi. Tous les deux savaient la souffrance de l'autre et ne voulait pas, à tord, le déranger dans ses pensées. Heureusement, le détestable Docteur Benjamin Suarez fit son apparition, ses lèvres sèches, serrées trahissaient de son appréhension. Christopher et Olivier se levèrent immédiatement en l'apercevant et attendait son verdict le c½ur battant.


« Je suis navré
vraiment...
- Allez droit
au but s'il vous plait, demanda Olivier.
- Tr
ès bien. Nous avons tenté une opération assez périlleuse car elle avait perdu beaucoup de sang à cause de l'hémorragie crée par l'accident. L'opération s'est déroulée normalement mais...
- Mais quo
i ? hurla Christopher au bord du désespoir.
- Mais
Madame Taylor est actuellement dans le coma... dit-il d'un air éteint.
- Le coma ? Le com
a ? répéta Olivier comme pour s'assurer qu'il ne faisait pas un mauvais rêve.
-
Quand va-t-elle se réveiller ? demanda Christopher.
- V
ous savez c'est très difficile de dire ça... Ca peut être dans quelques heures, dans quelques jours... quelques mois ou bien...
- Jamai
s... ajouta faiblement Christopher le regard baissé au sol.
- Je t
enais à vous dire de la part de l'équipe que nous regrettons amèrement cet accident... Marine est un élément fort de notre équipe et nous...
-
Arrêtez ! Vous parlez d'elle comme si elle était déjà morte ! Eructa Olivier les yeux remplis d'une rage indéfinie.
- Non, ce n'e
st pas ce que j'ai voulu dire je...
- Bien, qu'est ce qu'il nous reste à faire ? ajouta Christopher pour détourner a conversation.
- A
ttendre... C'est tout ce qu'il y a à faire. Nous la maintenons en vie artificiellement et nous vous contactons dés que possible.
- J'a
imerai rester là cette nuit si c'est possible... demanda le mari au bord des larmes.
- Je cr
ois que ce n'est pas une bonne idée. Vous devriez plutôt rentrer chez vous et vous reposer... »


Il ne dit plus
rien et jeta sur eux un regard plein de pitié et de compassion et les laissa là tous les deux. Julia arriva vers eux, le sourire aux lèvres en déclarant qu'elle avait trouvé quelqu'un pour la remplacer. Elle le perdu aussitôt en comprenant. Elle ne parvint qu'à dire « Et merde ! » avant d'aller réfugier son visage dans les bras à demi ouverts de son compagnon. Ils se regardèrent tous les trois cherchant qui le premier allait parler pour ramener la bonne humeur mais aucun ne réussit dans cette tâche.

Christopher n'ajouta rien mais il sentit que son c½ur bondissait dans sa poitrine pour tenter de s'échapper de sa cage thoracique... comme s'il avait déjà senti qu'il était en train de perdre sa plus belle moitié.

# Posté le mardi 03 avril 2007 15:48

Modifié le samedi 12 janvier 2008 09:19

[ 9 ] V o u s . m e . f a i t e s . d u . r e n t r e . d e d a n s ?

[ 9 ] V o u s . m e . f a i t e s . d u . r e n t r e . d e d a n s ?
.
Julia commençait à se désespérer d'obtenir quelque chose de la patiente assise en face d'elle. Elle faisait tourner son stylo bic bleu, et mordillé au capuchon entre ses doigts fins. Ce n'était pas la première fois qu'un patient refusait de se livrer à elle, la plupart des gens qui viennent la voir ne savent même pas pourquoi ils sont là. Alors Julia fixait cette patiente qui ne voulait pas lui parler de ses troubles ou ses expériences. Elle restait imperturbable à ses questions, ne répondant que par des monosyllabes et persistait à crayonner sur des feuilles de papier blanc. Julia avait bien tenté de les regarder mais Arielle n'avait jamais voulu lui monter ce qu'elle faisait.


«
Arielle, vous n'avez rien a me dire ? demanda Julia qui commençait à s'impatienter.
- Non. Non, je suis dés
olée mais je n'ai rien à vous dire.
- Alors pourquoi
vous persistez à venir me voir depuis trois semaines ?
- J'en sais rien... Je ..
. J'aime bien vous parler. Vous m'apaisez et vos m'impressionnez un peu aussi...
- Moi ? Je vous impression
ne ... ?
- Vous avez l'air
étonnée...
- Plutôt oui. J
e ne me considère pas comme quelqu'un d'impressionnant.
- Pourtant vous dégagez
un truc incroyable. On a envie de venir vers vous dès le premier regard... et le plus dingue c'est que vous n'avez pas l'air de vous en rendre compte.
- C'est
-à-dire que je n'ai pas trop l'habitude de... Attendez... mademoiselle, c'est vous la patiente, pas moi. Ne laissez pas les rôles s'inverser. Pourquoi venez-vous me voir régulièrement ?
- C'est ma famille qui m'y
a obligé en quelque sorte. Enfin ils trouvent que je suis trop renfermée sur moi-même et mes dessins, alors ils m'ont forcé à aller voir un toubib... Désolée, j'parle un peu comme j'pense ! Hum, et maintenant je viens vous voir un peu par habitude mais c'est aussi parce que vous dégagez ce truc si spécial... et que j'aimerai bien croquer un jour... si vous n'y voyez pas d'inconvénient bien sur.
- Je crois que vous devriez arrêter les séances.
- Oh
non ! Si ma famille croit toujours que je viens vous voir elle me fichera la paix !
- Bon, très bien. Je n
'en vois pas l'utilité mais je vous note un prochain rendez-vous.
- Merci, dit
Arielle en prenant le papier que Julia lui tendait avant d'ajouter, Au fait, vous êtes d'accord ?
- Pour quo
i ?
- Pour que j'vous dessi
ne ?
- Oh... A la séance p
rochaine si vous y tenez vraiment.
- Merci... Et je vo
udrais vous demander autre chose... Pourquoi vous avez l'air si triste ?
- Oh..
. fit-elle en esquissant un demi-sourire. Je préfère qu'on parle de ça plus tard.
- Oui bien sur. Je vais m
'en aller, vous devez avoir d'autres clients.
- A Lun
di Arielle. »


Arielle acquiesça et sorti doucement de la pièce qui lui faisait penser à un cocon douillet qu'elle ne connaîtrait probablement jamais. Elle, la frêle jeune fille blonde, l'air presque maladif et la tête dans les nuages. La tête dans les nuages, oui c'est bien ça. Tellement ailleurs qu'elle ne vit pas cet homme foncer droit sur elle par inadvertance et faire tomber tous ses papiers. Il avait l'air pensif, mais l'aida à ramasser ses affaires.


« Je suis désol
é, vraiment...
- Non, c'est
moi. Comme d'habitude je ne regardais pas où j'allais.
- Ce n'est pas une raiso
n pour bousculer les charmantes jeunes femmes.
- Vous
me faites du rentre dedans ? demanda-t-elle d'un air tout à fait sérieux et conquis.
- Comment oserais-je
? Valentino Rossi... dit-il en lui tendant la main.
-
Arielle Apostasie. Votre nom me rappelle ce chanteur...
- On me le dit souvien
t, mais nosu n'avons aucun lien de parenté.
- Vous all
iez consulter le Docteur Sitruk ? fit-elle en montrant la porte close du bureau de Julia.
- Oh... la consu
lter non. Mais la voir oui, fit-il avec un grand sourire. C'est ma cousine préférée...
- D'accord... Je v
ais vous laisser aller la retrouver.
- A bientôt j'esp
ère... »


Arielle hocha la tête et regretta déjà de le voir frapper doucement trois coups à la porte du bureau. Elle s'éloigna et les laissa se retrouver. Elle avait perçu dans le regard de Tino la même tristesse que dans celle de sa psychologue. « Peut-être la seule chose pour laquelle je suis douée... décrypter le regard des autres. » se dit-elle à elle-même avant de secouer la tête et de repartir d'où elle était venue.


Merci ma choup' <3

# Posté le mercredi 04 avril 2007 15:42

Modifié le jeudi 10 janvier 2008 14:24