[ 15 ] O n . e s t . H u m a i n s

[ 15 ] O n . e s t . H u m a i n s
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En s'avançant vers la chambre d'hôpital d'un pas à la fois élancé et décidé, Olivier voulait se réconcilier avec l'état de sa s½ur. Il n'était allé la voir qu'une seule fois ne supportant pas de la voir dans cet état végétatif. Plus le temps passait, plus il perdait l'espoir de la voir retrouver la vie active qu'elle avait. La perspective de la venue au monde de son neveu avait diminué ses craintes et il avait jugé qu'il pouvait maintenant aller la voir et ne plus voir en elle qu'une personne immobile.
Il
s'approcha de la porte et l'ouvrit doucement, comme pour ne pas la réveiller. Comme tous les visiteurs, il s'assit sur un des fauteuils près du lit et la regarda pensivement. Il vérifia que personne ne pouvait l'écouter, et il s'approcha d'elle. Il doutait sérieusement du fait qu'elle puisse l'entendre et s'était dit que jamais il ne lui parlerait.


« Sal
ut future maman ! Je m'excuse de ne pas venir plus souvent... Et ben alors, tu ne me reprends pas sur ma grammaire ? « On ne dit pas « je m'excuse » mais « excuse moi »... c'est pas correct ! » »


Olivier marqua un temps d'arrêt, troublé encore par l'immobilité de sa s½ur. Il vivait depuis deux mois dans la peur qu'elle ne se réveille jamais plus. Sans qu'il ne s'en rende compte des larmes coulèrent sur son visage vide d'expression. Ce n'est que lorsque l'une d'elles tomba sur les draps blancs qu'il se résolu à les essuyer vivement d'un revers de la main. Il s'assit sur le fauteuil prévu pour les visiteurs et continua à la regarder. En ce moment même, la vie était en train de se développer en elle.


« Tu
sais, je suis content d'être à nouveau « tonton » mais je doute que le père soit le même que celui de Léo... sûrement une chose qu'on ne saura jamais... »


Il approcha un peu
plus le fauteuil du lit où végétait Marine et se pencha en avant pour écouter battre le c½ur de la jeune femme. Les pulsations étaient lentes mais régulières, et sa peau était froide. Olivier enfoui sa tête dans l'oreiller et murmura pour lui même « Jure moi de ne pas emporter ce secret... ». Prostré dans ses sanglots il n'entendit pas la porte s'ouvrir et Julia entrer dans la chambre. Elle se sentit idiote de ne pas avoir frappé mais à part Marine, elle ne pensait trouver personne. Elle se rendit sans bruit jusqu'' la fenêtre mais bientôt il sentit sa présence. Il se leva et elle lui sourit tristement. Il s'approcha d'elle bien que tous les deux fussent gênés de se retrouver dans cette chambre en même temps. Elle essuya doucement les quelques larmes restées logées dans les cils de l'homme qu'elle aimait puis appuya sa tête contre sa poitrine pour apaiser ses sanglots. Il ne le lui disait jamais mais il souffrait atrocement de cette situation, et elle, le savait bien.
Ils restèrent quel
ques instants sans bouger, dans cette position, sans dire un mot.


« Pourquoi on ne se le
dit pas ? demanda Olivier.
- De quoi tu p
arles ? demanda Julia en feignant de ne pas comprendre.
- Qu'elle nous ma
nque, répondit-il enfin, sans se détacher d'elle.
-
Je n'en ai aucune idée... peut-être qu'on refuse de se rendre à l'évidence.
- Ça fait
déjà deux mois entiers qu'elle est ici et jamais on ne se l'ai dit Julia ! dit-il en se détachant d'elle.
- Elle est
enceinte... ça nous la rend plus vivante. Et puis elle est là...
- Oui. Oui elle est là. Dan
s ce lit froid d'hôpital. Et elle est froide elle aussi, comme la glace ! T'es là toi aussi. Mais plus vivante et plus vraie !
- Si tu continues comme ça tu vas déf
initivement perdre l'espoir qu'elle se réveille.
-
Et si c'est le cas ... ? dit-il les yeux mouillés, espérant qu'elle lui donne une réponse.
- Qu'elle ne
se réveille plus jamais ?
- Que ce putain d'accide
nt lui ait été fatal... Pourquoi on n'y songe jamais ? dit-il à bout de nerfs.
- Parce qu'on
est des humains... et que quand ce genre de choses nous arrive, on essaye de se persuader que ça ne peut que nous rendre plus fort.
- J'veux pas être plus fort ! J
'veux qu'elle se réveille ! ! acheva le jeune homme en éclatant finalement en sanglots. »


Julia paraissait ne plus savoir quoi faire et le prit instinctivement dans ses bras. Il continuait à pleurer et ses larmes devinrent vite communicatives. Julia tentait de se contrôler depuis un moment mais elle finit par craquer elle aussi. Elle qui ne craquait jamais... pour les autres. Olivier sentait qu'il perdait sa s½ur, mais elle, perdait sa meilleure amie. C'est vrai, ils ne se l'étaient jamais dit mais elle leur manquait beaucoup... à tous les deux.
Ils se se
rraient de plus en plus fort, jusqu'à s'en étouffer pour se confirmer, qu'eux, étaient toujours vivants. Il prit le visage de Julia entre ses mains tout en séchant ses larmes. Il aurait tant voulu lui dire combien il tenait à elle, avant qu'il ne soit trop tard. Il voulait tant lui parler de ce désir qui le travaillait depuis quelques mois déjà. Il savait bien quelle serait sa réaction et ne voulait pas la mettre dans une situation embarrassante... pas maintenant. Toutefois il se refusait à l'idée d'abandonner. Il était persuadé qu'il était sur terre pour donner la vie à son tour. Mais Julia détournait si soigneusement la conversation à chaque fois qu'il avait fini par se persuader qu'elle ne voulait pas d'enfants.
Ils se regardère
nt, sans aucune parole, et Olivier posa ses lèvres sur celles de Julia tandis que celle-ci fermait les yeux pour y chasser les larmes. Elle entrouvrit les lèvres et ils s'embrassèrent comme si c'était la dernière fois. Olivier décala son visage de celui de sa moitié et approcha sa bouche de son oreille pour dire « J'aimerai tellement faire « un petit bout de ce monde » avec toi... »

Julia fit une moue crispée qu'il ne vit pas et perdit son sourire, tandis qu'il continuait à l'embrasser. Il ne se doutait pas des raisons qui la rendaient réticente à cette idée. Elle n'avait jamais voulu les lui confier par peur de lui briser ce rêve. Elle ne savait pas comment il réagirait lorsqu'elle le lui dirait alors elle préférait éviter de répondre. Elle préférait avoir le mauvais rôle plutôt qu'il soit déçu. Un jour, lorsqu'elle le lui dirait, il ne l'aimerait certainement plus alors elle reculait le moment le plus qu'elle pouvait. Elle se détacha de lui en le regardant de manière la moins affectée possible.


« J'ai encore du travail, dit-elle
en lui serrant les mains.
- Mmmh... J'vou
drais qu'on arrive à en parler un jour, dit-il très sérieusement.
- Je n'avais pas l
'intention de...
- Si. Je t
e connais plus que tu ne le crois. Et j'ignore encore pourquoi mais tu refuses toujours d'en parler...
- Tu le sauras bien assez tôt, crois moi... dit-elle en ouvrant la porte. »


Olivier resta sans voix en la regardant fermer la porte, emportant avec elle ses doutes. Ils se connaissaient depuis tellement longtemps qu'il pensait qu'ils n'avaient aucun secret l'un pour l'autre. C'est pour cette raison qu'il ne songea même pas à la suivre dans les couloirs. Il secoua la tête et regarda une dernière fois sa s½ur, avant de partir lui aussi en lui adressant « Si seulement tu pouvais m'aider... ».





A l'autr
e bout du couloir, Julia marchait en gardant la tête haute, mais épaules basses trahissaient sa contrariété. Elle souffla et s'apprêta à entrer dans salle d'attente de son service. Elle avait rendez-vous avec Arielle et elle était un peu en retard. Elle prépara son sourire le lus convaincant et ouvrit la porte. Arielle se leva, lui serra la main et entra. Elle s'assit en face de Julia, à son bureau. La jeune psychiatre s'apprêtait à commencer la séance mais Arielle la regardait d'un air peiné.

« Qu'est ce
qu'il y a mademoiselle Apostasie ? demanda-t-elle à sa patiente.
- Et bien... ça me gêne un peu parce
que je vois bien que vous n'êtes pas dans votre assiette.
- Vous êtes incroyable ! Vous
êtes une de mes patientes, ce n'est pas le moment de parler de ce qui me tracasse, dit Julia sur un ton péremptoire.
- Ne le prenez pas mal mais si je vous dit ça c'est parce que... bizarrement j'ai envie de vous voir comme une amie.
- Alors arrêtons
les séances ! proposa Julia.
- Pardon ? de
manda Arielle, surprise.
- Ou
i, arrêtons les séances. Je m'en voudrais de vous faire sortir la carte vitale pour de l'amitié. D'autant plus que mon cousin ne m'a dit que du bien de vous. »


Julia retrouva un air joyeux lorsqu'elle se rendit compte qu'elle avait réussi à faire naître un sourire sur le visage de son ancienne patiente.

# Posté le dimanche 26 août 2007 13:01

Modifié le dimanche 27 janvier 2008 10:37

[ 16 ] T u . D i s p a r a i s . e t . . . . R é a p p a r a i s !

[ 16 ] T u . D i s p a r a i s . e t . . . . R é a p p a r a i s !
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31 Décembre 2011


Olivier fêtait la nouvelle année en compagnie de Julia, Christopher et Léo. Celle qu'il considérait comme sa femme avait également invité Tino et Arielle à se joindre à eux. Olivier et Julia étaient ravis de cette relation naissante mais ils savaient bien que Tino avait encore du mal à se faire à l'idée de Marine dans le coma. Cependant les visages des convives semblaient heureux et ils paraissaient même reprendre un peu d'espoir.
Après le dess
ert, Olivier s'éclipsa, comme toutes les années depuis quatre ans. Il s'excusa et chercha Julia du regard, comme pour lui signifier qu'il était inutile qu'elle s'inquiète. Elle le savait mais ne pouvait s'empêcher de songer aux évènements produits il y avait cinq ans de cela. Olivier s'assura qu'elle avait confiance, puis il sortit en enfilant son long duffle-coat noir et en attrapant une écharpe multicolore. Il dévala les marches des escaliers de l'immeuble comme si il était en retard à un rendez-vous et eut une curieuse impression de déjà vu lorsqu'il se retrouva en bas du bâtiment, dans le froid de cette dernière nuit de l'année. Comme d'habitude il fouilla ses poches et en sorti un paquet de cigarettes et un briquet à l'effigie de Marilyn Monroe. Il en sortit une et l'alluma tout en replaçant le reste du paquet dans sa poche. Il la porta à ses lèvres et fit des ronds avec la fumée. Ce rituel presque enfantin lui permettait de dramatiser la situation.

Il marcha dan
s les rues animées de la capitale en observant les gens, les surprenant aussi bien dans leurs joies que dans leurs solitudes. Il avait toujours aimé observer les personnes qu'il croisait sur son chemin pour tenter de comprendre les réactions humaines. Il se fraya un chemin parmi les passants et tomba nez à nez avec une femme enceinte qui lui sourit. Il resta bêtement devant elle, ne bougea pas et se mit lui aussi à sourire. Une incroyable sensation de légèreté l'envahie et comme il ne bougeait toujours pas, elle s'écarta pour passer. Il lui cria alors un sincère « Bonne Année ». Il trouva ensuite un petit marchand de fleurs à qui il demanda une rose, toute blanche.
Il poursuivit son chemin jusqu'au Pont Mirabeau, i
mmortalisé par la poésie d'Apollinaire. La vision des eaux de la Seine éclairées par les imposants lampadaires aurait laissé n'importe qui sans voix. Cependant cette vision contrastait avec l'émotion qui envahit Olivier peu à peu. Alors que d'autres seraient allés au cimetière, lui préférait venir se recueillir ici. Toutes les années depuis cinq ans, il venait s'appuyer contre la rambarde du pont en hommage cette femme qu'il avait jadis serrée contre son c½ur. Et comme toutes les années depuis cinq ans il était pros par un sentiment de culpabilité. Cette femme s'était jetée de ce même pont, sous ses yeux et lui, trop abasourdi, n'avait pas réagit... Et pendant qu'elle se noyait, portant leur enfant, il était lâchement resté sur le pont, les yeux grand écarquillés. Depuis tout ce temps, cette culpabilité rongeuse le minait comme une maladie sournoise.
Il tira une dernière fois sur sa cigarette avant de la jeter encore i
ncandescente sur le sol, puis il l'écrasa avec son pied d'un geste énergique. Il s'appuya contre la barre en se sentant fautif de vouloir un enfant alors que Marianne s'était suicidée, emportant leur bébé avec elle. D'un coup, il s'accouda contre la barrière et lança sa rose dans l'eau en la regardant s'en aller. C'était sa manière à lui de demander pardon, et de se recueillir.
Il en profitait pour vérifier si quelque chose
avait changé depuis ce funeste 31 Décembre 2006, mais rien, jamais rien ne changeait sur ce pont et ce vieux refrain que Marianne chantait souvent lui revint. Il fredonna dans un souffle, face au fleuve.

« Sous le P
ont Mirabeau coula la Seine. Et nos amours faut-il qu'il m'en souvienne.... Vienne la nuit, sonne l'heure... Les jours s'en vont, je demeure... »

Et il demeura là, quelques instants, seul au milieu de toute cette fo
ule qui fêtait la nouvelle année, puis se décida finalement à rentrer à la maison, avec sa famille.



Lorsqu'il franchit la porte de l'appartem
ent, les douze coups de minuit sonnèrent. Il se dépêcha de retirer son duffle-coat et entra dans le salon, où tout le monde se réjouissait, en lançant son écharpe sur le canapé. Et lorsqu'il entra dans la pièce, Arielle remarqua que Julia esquissait un grand sourire de soulagement en soupirant. Christopher s'avança vers lui en lui tendant un verre de champagne, puis il l'entraîna à lui en le prenant par les épaules.


« Tu disp
arais toutes les années... Mais tu réapparais toujours à cette heure là ! lui dit-il en buvant une gorgée.
- Mais je ne manquerais ce moment po
ur rien au monde. Vous êtes ma famille !! A la Nouvelle Année ! s'exclama-t-il en levant son verre. »


Ensuite, tout le monde s'embrassa pour s
e souhaiter une bonne et heureuse nouvelle année. Christopher pris son fils dans ses bras et le petit garçon se serra fort contre lui pendant de longs instants. Olivier et Julia restèrent enlacés. Quant à Arielle, elle colla une bise sur la joue d'un Tino étonné.
Christopher décida ensuite qu'il était l'heure de rentrer, Léo s'était endormi dans ses bras. Arielle donna un petit coup de coude à Tino qui comprit aussitôt qu'il vaudrait mieux laisser leurs hôtes seuls chez eux.


« Je vais raccompag
ner Arielle, dit-il à Julia en lui déposant un baiser sur le front.
- D'
accord, dit-elle, puis en se penchant à son oreille, mais fais attention à elle, hein ? Elle a l'air de t'apprécier. »

Pour seule réponse il l
ui sourit et embrassa aussi Olivier, pendant qu'Arielle glissait à Julia qu'elle avait été très contente d'être avec eux. Et lorsqu'en refermant la porte sur eux, elle entendit Olivier lui dire « Allez, va y dis le ! », elle se retourna. Il était debout au milieu du salon et semblait l'attendre. Alors elle mis les mains sur ses hanches et pencha sa tête sur le côté en faisant une moue boudeuse. Elle parla tout en s'avançant vers lui.


« J'aime pas quand tu t'en
vas comme ça...
- Je sais...
Mais tu sais bien qu'il faut que je le fasse !
- J'ai toujo
urs peur que tu ne reviennes pas... dit-elle se collant à lui.
- Je suis toujours là.
- Ç
a m'angoisse toujours un peu de savoir que tu vas traîner autour du Pont Mirabeau cette nuit là. J'veux pas que tu retentes le Grand Plongeon tu vois...
- Tu sais que je n'y vais
pas pour ça... C'est pour lui rendre hommage, dit-il en lui déposant un baiser sur le bout du nez.
- Tu devrais plutôt
soulager ta conscience... ».

Et sans ajouter un mot elle l'entraîna avec elle sur le chemin de leur chambre.



*



Arielle regardait le jour se lever, assise sur le pont des Arts. Elle photographiait mentalement chaque petit détail qu'elle voyait pour pouvoir les croquer plus tard ; malheureusement elle n'avait pas avec elle son petit cahier à dessin. Elle sentit une main se poser sur son épaule alors qu'elle était en train d'observer le magnifique spectacle qui s'offrait à elle malgré la brume matinale. Elle releva la tête et aperçu Tino, deux verres de café à la main.

« Je ne t'avais p
as entendu arriver, s'excusa-t-elle en prenant le verre en carton qu'il lui tendait.
- Il
y avait la queue au café. C'est bizarre si tôt pour un 1è Janvier ...
- Ca ne fait rien.
J'avais de quoi m'occuper en t'attendant. Tu ne trouves pas ça magnifique ? - Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et elle poursuivit – Je pourrais rester des heures à observer ça. Regarder le soleil se lever... c'est tellement beau, toutes ses couleurs... »


Il l'écoutait bien sur, mais il n'était pas vraiment concentré sur ce qu'elle disait. Il se contenta de hocher la tête, parce qu'il était beaucoup trop occupé à regarder Arielle que le lever du soleil. Et ça... Elle l'avait bien remarqué !



Musique: Le Pont mirabeau
Marc Lavoine

Tout d'abord, Bonjour !
J'ai un peu honte parce que j'avais dit que
pendant ces deux mois, même si je ne publiais
rien, je ne cessais pas d'écrire. Et voilà ! Voilà
ces deux pauvres articles... C'est tout ce que j'ai
réussi à faire en deux mois ! (Mais j'ai aussi
profité de mes amis et de ma famille et j'ai
passé de très bonnes vacances, si vous voulez
tout savoir !!). Alors je suis désolée, mais la
suite risque d'attendre un peu !
Je voulais vous dire que je suis très heureuse
de voir qu'il est resté quelques fidèles pendant
ces deux mois d'absence. Mais je voudrais
savoir si il reste réellement des lecteurs !
Je n'écris pas pour les commentaires, certes,
mais ça fait toujours plaisir de voir "Consulter
et Valider". Donc manifestez vous ^^

Bisous.
Ju'

# Posté le samedi 01 septembre 2007 13:44

Modifié le lundi 28 janvier 2008 13:58

[ 17 ] T u . s a v a i s . t o u t . n ' e s t - c e - p a s ?

[ 17 ] T u . s a v a i s . t o u t . n ' e s t - c e - p a s ?
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Mars 2012

Depuis cette soirée de Saint-Sylvestre, Arielle et Tino s'étaient revus plusieurs fois. Et ça faisait trois mois qu'ils se voyaient de plus en plus, sans jamais se lasser. Ils aimaient seulement passer des moments ensemble, et de temps en temps elle sortait son petit carnet, et malgré les protestations de Tino, elle le croquait. Depuis Janvier, elle avait plusieurs carnets remplis de moments avec lui, pratiquement sous tous les angles.
Ce jour là,
ils s'étaient retrouvés sur le Pont des Arts, comme au 1er Janvier... Mais le paysage n'était pas le même, les arbres aux alentours commençaient tout doucement à redevenir verts, et il n'y avait plus de neige fondue sur le passage bétonné. Ils s'étaient assis à même le sol et discutaient pendant qu'Arielle le dessinait, encore une fois.


« Mont
re moi, lui demanda-t-il.
- Non. J
'préfère te garder pour moi toute seule, répondit-elle l'air narquois. »


Il se conten
ta de sourire et fixa loin devant lui. Il aimait être avec elle mais quelque chose le retenait, et il savait bien qui était la cause de tout ça. Quand il pensait à Arielle si vivante, et à Marine, dans le coma, il pensait être quelqu'un d'horriblement égoïste. De toute façon, il savait qu'il y avait peu de chances que ça fonctionne avec Arielle...


« Tu pour
rais au moins faire un petit sourire de temps en temps... Je n'ai presque que des portraits de toi où tu as l'air triste ! dit-elle sans lever les yeux de son carnet.
-
Arielle... Je crois que ça ne pourra jamais marcher entre nous ! affirma Tino en ignorant sa remarque.
- Pourquoi
tu dis ça ? lui demanda-t-elle en levant finalement son crayon.
- J's
uis un vieillard à côté de toi...
- Ah oui... Attention la barbe blanche commence à pousser ! répondit-elle sarcastique.
- Je suis sérieux ! J'ai 1o ans de plus que toi... ça fait beaucoup !
- Mais qu'est ce
que tu racontes ?
- Quand j'aurai
s 5o ans, t'en auras 4o... et on sentira la différence... 'fin surtout moi !
- On n
'en est pas encore là... Pour l'instant tu as toujours 36 ans et tu t'inquiètes pour rien.
- Et les gens penseront quoi quand ils nous verrons dans la rue ? « Tiens, il est avec une jeunette... »
- Ils seront seu
lement jaloux ! affirma-t-elle avec un sourire.
- Tu
me démontes tous mes arguments ! s'indigna-t-il faussement. Parfois j'me demande pourquoi tu consultais Julia...
- Disons
que c'était ma famille qui le voulait... Ma mère disait que j'étais trop renfermée sur moi-même, sur mes dessins... Alors mon père a conseillé que j'aille voir un psychologue ! Seulement j'en avais pas réellement besoin... J'ai toujours préféré mes dessins parce que je peux toujours les embellir, ou les rendre meilleurs... Je n'y arrive pas avec les gens.
- Tu t'es trompé sur un point...
- C
omment ça ?
- Tu as
réussi avec moi... »


Il se pench
a vers elle, et pour la première fois, il l'embrassa.




* --- *
-----*-----




Profitant du fait qu'il savait que Julia travaillait ce jour là, Christopher se rendit à l'hôpital. Il entra au service des urgences et chercha du regard si il connaissait quelqu'un. Pour l'instant il ne voulait que personne ne le reconnaisse mais il voulait trouver sa belle s½ur. Il s'assit dans un des fauteuils et attendit qu'une infirmière l'appelle. Quand ce fut son tour, il se leva et se dirigea vers l'accueil. L'infirmière lui tendit un grand sourire et lui demanda ce qu'il voulait.


« J'ai besoin de voir un psychiatre... un psychologue !
- Ce n'est pa
s la même chose monsieur... Dites moi ce qui se passe et j'appelle un médecin.
- J
'ai besoin de quelqu'un ! répéta-t-il en espérant que son plan fonctionne.
- J'espère
que c'est pour une vraie urgence que vous êtes ici monsieur. Sinon il y a des gens qui attendent leur tour... reprit l'infirmière calmement.
- En fait je voud
rais voir le Docteur Sitruk ! dit-il finalement.
- Elle est là mais
elle travaille. Elle ne peut pas vous recevoir comme ça ! Sauf si vous avez une urgence !
- JE suis une urgence
! »


L
'infirmière commençait à perdre patience et s'apprêtait à le renvoyer mais Julia passa au même moment derrière l'accueil en regardant les fiches des nouveaux admis. Elle ne vit pas Christopher tout de suite car elle avait les yeux rivés sur ses fiches. Elle s'adressa à la jeune femme sans relever la tête.


« Tu veux un café Diane ? Je vais en chercher pour moi...
- Non merci, j'ai ple
in de boulot... mais par contre il y a ce monsieur qui cherche à te voir, dit-elle en fixant toujours Christopher. »


Julia leva la tête et souleva les sourcils en voyant Christopher, étonnée de le trouver ici.


« Qu'
est ce que tu fais ici ? Léo a un problème ? lui demanda-t-elle en cherchant son neveu dans la salle.
- Non, c'es
t moi qui ai un problème. J'aimerai avoir une consultation avec vous.
-
A quoi tu joues ?
- Tu veux que j'appelle une é
quipe de sécurité ? lui demanda Diane.
- Non, ça devrait
aller. Suis moi ! »


Christopher, ravi d'avoir réussi, la suivit jusqu'à l'ascenseur. Une fois dedans, elle appuya sur un bouton et ils s'élevèrent dans le bâtiment.


« Qu'est ce qui te prend de venir aux urgences pour me voir ?
- J'voulais te voir.
-
T'aurais aussi très bien pu m'appeler, au lieu de passer par les urgences... dit-elle en sortant de l'ascenseur. Tu voulais qu'elle perde patience et qu'elle m'appelle ?
- Non. C'est sérieux. J'veu
x une consultation. »

Elle s'arrêta et le fixa quel
ques instants. Elle se demanda vraiment ce qui lui passait par la tête. Tout ça ne lui ressemblait pas.

« Bon,
suis moi... dit-elle en ouvrant la porte de son bureau. Installe toi. »

Il ne s'instal
la pas mais resta debout dans la pièce, tandis qu'elle s'asseyait sur son fauteuil. Elle mit ses coudes sur le bureau tout en tripotant un stylo quatre couleurs.

« Alors, dis moi ce qui nécessitai
t que tu veuilles me voir de cette façon.
- J'ai besoin d'u
n médecin Julia... dit-il sérieusement, en s'appuyant dos à la porte.
- T'as mal où ?
-
Au foie ! dit-il en croisant les bras sur son torse.
- Ah... répondit
Julia en tournant sur son siège.
- Tu le savais n'est ce pas ?
- Ou
i... Enfin je m'en doutais un peu. Olivier avait quelques doutes et je refusais de le croire au début mais maintenant que tu m'en parles...
- Je croi
s que j'ai réellement besoin d'aide avant que ça dégénère et que je devienne vraiment dépendant.
- C'est déjà bien que tu prennes con
science que tu as un problème... Je vais te donner l'adresse de collègues, qui pourront t'aider, dit-elle en fouillant dans ses papiers pour retrouver son répertoire.
-
Non, ce n'est pas la peine, répondit Christopher. Ne te range pas à chercher... J'en connais un très bien qui est assis en face de moi !
- Quoi, ... moi ?
fit-elle, visiblement surprise. C'est juste... impossible !
- Pourquoi
?
- Parce que tu fais parti
e de ma famille.
- Je ne vois pas en quoi c'est gênant, au contraire ! s'indigna Christopher. En plus tu me connais déjà très bien...
- Just
ement. Je ne serai pas objective et je pourrais laisser parler mes sentiments... - Et comme Christopher la regardait avec insistance, elle ajouta - Et puis... On ne doit pas prendre en charge des membres de sa famille.
- Bon..
. J'avais pensé que tu aurais pu m'aider... Apparemment je me suis trompé, ajouta-t-il, visiblement déçu.
- Non..
. Ecoute, ce n'est pas que je refuse de m'occuper de toi. Je le ferais bien volontiers mais... ce n'est pas possible. Je crois que si tu veux vraiment t'en sortir, il faut que tu ailles voir quelqu'un que tu ne connais pas... »

Il hocha la tête et ne la reg
arda pas. Au fond il savait qu'elle refuserait par déontologie, mais il se rendait compte qu'elle aurait tout fait pour l'aider. Il s'assit finalement en face d'elle.

« Ne te décourage pas...
surtout pas. Pour Léo tu dois continuer d'avoir de la volonté. C'est déjà ça de gagné.
- C'est
pour lui que j'veux m'en sortir... Et pour Marine aussi, parce que je suis persuadé qu'elle va se réveiller à un moment où à un autre.
- On es
père que l'accouchement va provoquer une réaction chez elle, affirma Julia.
- Au fait... Merci de vou
s occuper de Léo, dit-il en hochant la tête. Ca ne doit pas être facile tous les jours avec ce qu'on vit mais j'vous remercie de prendre soin de lui parce que c'est vrai qu'en ce moment je ne suis pas tellement dans en état de...
- Ne t'inquiète pas pour nous
, tout va bien.
- Ça n
e te donne pas envie d'en avoir un toi aussi ?
-
Un enfant ? interrogea Julia en commençant à se renfermer.
- Ben
oui... Un petit humain avec des jambes et des bras, répéta Christopher ironique. Qu'est ce que t'as ? demanda-t-il en voyant la mien renfrognée de Julia.
- C'est un rep
roche ? J'veux dire... de ne pas encore avoir d'enfants ?
- Pas du tout. Seulement tu as déjà 34 ans et...
- Et
bientôt il sera trop tard c'est ça ?
- Mais non.
- Est-c
e que je dois me sentir coupable de ne pas avoir d'enfants à 34 ans ? Est-ce que ça fait de moi une égoïste... hein ? »

Ne comprenant pas sa réaction qui commençait à p
rendre des proportions démesurées, il se leva et s'approcha d'elle, doucement, pour ne pas qu'elle se fâche.


«
Tu crois pas que ça irait mieux si tu me disais ce qu'il y a ? Je sais que c'est ton boulot mais j'peux quand même t'aider.
- Je ne juge pas dans mon boulot.
- Je ne te
juge pas ... Je me demandais seulement si tu n'avais pas envie d'avoir des enfants à ce moment de ta vie. - Christopher écarquilla les yeux en pensa avoir eu une illumination – Ah je sais ! Olivier n'en veut pas ...
- Au c
ontraire. Il n'attends que ça, répondit-elle en avalant bruyamment sa salive.
- Excuse moi, je vois
bien que je te torture...
- T'es gentil. J'va
is avoir des consultations d'ici peu de temps alors...
- J'ai compris. J
'y vais.
-
Attends une seconde, demanda Julia en griffonnant quelque chose sur un post-it vert, puis en lui tendant. C'est un très bon médecin... Tu peux lui dire que tu me connais.
- Merci. J'te revaudrais ça, dit-
il en sortant. »

En
réalité, Julia n'avait plus aucun client pour la journée. Elle enleva sa blouse, tenue de rigueur dans l'hôpital, et la rangea dans son placard. Elle rassembla ses affaires, mis son manteau et ferma son bureau. Elle s'apprêta à rentrer chez elle et tout raconter à Olivier, mais elle s'arrêta devant la chambre où était Marine et entra ...




Voilà ENFIN une petite mise à jour.
J'espère que ça vous plait !
Merci pour vos messages de soutient...
Ils m'ont réellement fait très plaisir,
ça m'a donné envie de continuer...
Mais comme ce n'est pas toujours
évident de trouver le temps ces temps-ci...
Je vais vous confectionner une petite vidéo
d'ici la semaine prochaine...
Histoire de vous faire un peu patienter,
et de vous remercier.

# Posté le dimanche 30 septembre 2007 10:14

Modifié le dimanche 03 février 2008 06:45

[ 18 ] J ' v o u d r a i s . p a s . ê t r e . p e s s i m i s t e

[ 18 ] J ' v o u d r a i s . p a s . ê  t r e . p e s s i m i s t e
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Elle s'assit à côté de son amie et observa cette pièce qu'elle connaissait déjà par c½ur. Depuis qu'elle venait là, rien n'avait bougé. Rien. Encore moins son amie. Mais en regardant de plus près, elle remarqua un détail qui avait changé et qui attira son attention. Elle se leva et fit le tour du lit pour s'approcher de la table de nuit.
Elle
souleva le cadre qui y était posé et l'examina de plus près. Elle sourit en reconnaissant le cliché. Marine posait à côté de son frère et de Julia. Ils étaient tous les trois accompagnés par Tino qui faisait une grimace. C'est sûrement Olivier qui l'a déposée ici, songea la jeune femme. La photo datait de seize ans en arrière. Ce tout petit détail la fit remonter à des temps plus anciens et l'été de 1996 lui revint en mémoire...



L
es garçons revinrent les bras chargés de victuailles en tous genres. Ils les lancèrent habilement dans leur glacière tout en faisant bien attention de ne pas heurter les filles qui passaient leurs après midi allongées sur leurs serviettes.


« Tu veux q
uoi ? demanda Olivier à Julia en se postant devant elle.
- Com
me d'habitude, soupira-t-elle en s'asseyant.
-
Tino, envoie moi un Magnum aux amandes pour Julia, s'te plait. »


Tino, prit le bâtonnet glacé dans la glacière et le lança agilement à Olivier qui l'attrapa au vol et le tendit à la jeune fille. Tino en prit également un pour Marine, sa petite amie et alla s'asseoir près d'elle. Elle lui fit un sourire et le sortit de son emballage.


« Vous
vous rendez compte qu'il y a à peine un an, on a failli y rester... constata Tino.
- On aur
ait pu y rester si tu n'avais pas été en retard comme à ton habitude ! se moqua Olivier.
-
Eh, vous devriez me féliciter plutôt que de remettre mon étourderie sur le tapis, protesta Tino pour la forme.
- T'a
s raison, on devrait te féliciter, dit Julia en lui tapotant l'épaule.
- D'ai
lleurs dès qu'on rentre, c'est promis on te fait remettre une médaille ! dit Marine en souriant. »


L
es attentats de 1995 à Paris dans la station de RER Saint Michel les avaient beaucoup marqué, tout comme la France entière, sous le choc. Le souvenir de ces marques de violence les avait poussé tous les quatre à partir loin de toute cette lourde atmosphère de commémoration. Ils étaient donc partis vers le Sud, en Corse, à Bastia, ville où avait grandit Tino avant qu'il monte faire des études à Paris quelques années plus tôt. C'est là qu'il avait rencontré Marine, la meilleure amie dont sa cousine lui parlait si souvent. Il ne s'était pas douté qu'elle était une fille intelligente et intéressante ; et elle qui n'avait jamais vécu qu'à Paris s'attendait à voir un provincial un peu arrogant. Surpris, ils étaient tombés amoureux. Leur petite différence d'âge, importante à cette époque n'était pas un obstacle entre eux, et Olivier appréciait même Tino. Lui qui s'obstinait à jouer au grand frère s'en était même fait un ami. Ils avaient donc formés à quatre un petit groupe, supposé ne jamais se briser.


Pen
dant que Marine se serrait dans les bras de Tino en se remémorant les évènements de l'année passée, Olivier observa Julia. Elle fixait l'horizon de sa serviette, et le monde semblait lui appartenir, alors qu'elle avait fêté ses vingt ans, quelques jours plus tôt. Il la regarda attentivement et sans savoir pourquoi il mourut d'envie de l'embêter. Il déplaça sa serviette et lui avec en direction de son amie. Julia le remarqua et leva ses sourcils aussi haut qu'elle le pouvait.


« Qu'est-c
e que tu veux encore ? lui demanda-t-elle, époussetant le sable de sa serviette.
- Je m'éto
nnais seulement que François ne soit pas de la partie...
- Il est avec sa copine en Normandie. C'était prévu depuis longtemps.
- Dommage qu'il n'est pas été là pour ton anniversaire. C'est ton meilleur ami quand même ! Enfin moi c'que j'en dis...
- Oui, c
'est totalement inutile. Concentre toi plutôt sur autre chose, lui conseilla la jeune fille.
- Alors regardo
ns nos deux tourtereaux, dit-il en se tournant vers Tino et sa s½ur.
- Tu
sais que je les ai entendu parler de mariage.
- N'imp
orte quoi ! On ne parle pas de mariage à 2o ans !
- Mes
parents se sont mariés à 2o ans...
- Et ? Qu'est ce qu'il s'est passé ensuite ?
- ... Ils
ont divorcés 1o ans plus tard.
- Tu
vois ! dit Olivier triomphalement. De toute façon cette histoire d'amour éternel qui finit toujours par « ils vécurent heureux pour toujours » et patati patata, ça a été inventé quand l'espérance de vie était encore de 5o ans ! »


Julia ne put s'empêcher de rire, mais haussa quand même les épaules, pour la forme. Olivier ne détourna pas les yeux et continua de la regarder. Leurs conversations commençaient toujours mal mais finissaient tout de même dans un éclat de rire.


« J'voudrai
s pas être pessimiste mais je suis sûr que leur histoire finira dramatiquement, affirma-t-il.
- J'espè
re que tu as tord. A moins que tu leur veuilles du mal ! »



L
e soir même, Marine se réveilla en sursaut et se leva instinctivement pour aller retrouver Tino dans l'autre chambre, où il dormait avec Olivier, et secoua son frère. Olivier dût se lever et quitter son lit. Il entra dans donc l'autre chambre et souleva la couette aussi doucement que possible pour ne pas réveiller Julia qui dormait toujours. Mais elle sentit quelque chose de froid entrer dans son cocon douillet, et se réveilla elle aussi. Le coupable ? Olivier qui venait de marcher sur le carrelage glacé de la maison.


«
Hé qu'est ce que tu fabriques ? Où est Marine ? demanda Julia, étonnée.
-
Elle a dû faire un cauchemar, elle s'est pointée dans notre chambre et elle m'a viré !
- A
h la bougresse... Bon je suppose que je suis obligée de t'offrir l'hospitalité.
- Désolé.
Pas le choix. Sauf si tu me vires sur le canapé.
-
Ben non, j'voudrais pas passer pour la méchante de l'histoire...
- Merci.
-
Bon dépêche toi de remonter cette couette, on se les pèle !
- On est en pl
ein été ! s'indigna le jeune homme.
-
Quand même !
-
Bonne nuit alors ! lui dit-il en en glissant dans le lit et en lui collant un gros bisou sur la joue.
- Oh t'es dégueulasse ! »

Elle essaya de se
rendormir mais elle n'y arrivait plus. Elle se retourna. En plus il prenait toute la place...
Toute la place.




Musique: Yesterday Once More - The Carpenters

# Posté le mercredi 07 novembre 2007 16:15

Modifié le samedi 09 février 2008 08:20

[ 19 ] O n . r e n t r e ?

[ 19 ] O n . r e n t r e  ?
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Avril 2012

Arielle essayait tant bien que mal de convaincre le vieux libraire de bien vouloir prendre ses dessins. Il avait refusé tant de fois de les accrocher dans sa librairie que la jeune femme en était résignée. Désormais elle entrait dans sa boutique avec la certitude d'essuyer un nouveau refus mais elle voulait tenter quand même, peut être qu'un jour il changerait d'avis.
Pendant que le vieil homme lui expliquait qu'il ne pouvait pas prendre ses dessins, en remontant ses lunettes qui glissaient sur son nez, Arielle observait la pièce. Elle regardait ces pans de bibliothèque poussiéreux pour lesquels un coup de plumeau n'aurait pas été inutile, et imaginait déjà comment, encadrées, ses esquisses auraient pu trôner dans la librairie. Elle qui désespérait de pouvoir vivre un jour de sa passion, se contentait de donner des cours d'Arts Plastiques dans un collège pour payer un loyer.


«
Je suis désolée de te le refuser encore Arielle, mais tu dois me comprendre, s'excusa le libraire.
-
Je sais très bien que tu refuses parce que tu ne veux pas contrarier mes parents qui s'obstinent à penser que mon travail ne vaut rien !
- Tes par
ents sont de très bons amis, je n'ai aucune envie de les froisser.
-
Merci pour ton amitié mais je crois plutôt que tu leur rendrais un service en acceptant de prendre des dessins. Ils verraient que quelqu'un s'intéresse à ce que je fais. »


Le viei
l homme parût hésiter encore un moment, il ne voulait pas qu'Arielle ressorte comme d'habitude sans avoir réussit à le convaincre.
La je
une femme quant à elle, regardait la rue s'animer à travers la grande baie vitrée, et aperçue Tino qui l'attendait dehors lui faire un signe. Elle avait refusé qu'il entre sous prétexte qu'elle voulait « négocier » seule.


« B
on. Si une seule personne qui entre ici, trouve une quelconque valeur à tes dessins, je te promets que je les prend et que j'en tapisse ma boutique !
- C'est un
peu réducteur mais... J'accepte ! »


Comme
s'il avait entendu, Tino entra peu après qu'ils aient passé leur accord. Arielle lui fit de gros yeux qui n'eurent pour seul effet que de le faire sourire. Il arpenta les rayons et s'intéressait à des ouvrages sur l'archéologie égyptienne.
Au bout d'u
n moment il passa devant la caisse et son regard se porta sur le travail d'Arielle. Ses yeux s'attardèrent sur les lignes droites et courbes couchées sur le papier et les admirait. Il sourit, admiratif et se tourna vers le vieux libraire.


« Qui a f
ait ce travail ? demanda-t-il.
- Et bien c'est
une jeune artiste, lui répondit Yvan.
- Ne l
a laissez pas filer alors, ces dessins vaudront bientôt une fortune ! Croyez mois, je m'y connais ! Pour l'instant vous m'excuserez mais je dois m'en aller... Pourriez vous me mettre ce livre de côté ? Je repasserai.
- Bien sûr
...
- Merci. Au revoir.
»


Tino sortit en laissant une Arielle surprise et un Yvan étonné. La jeune femme sourit et Yvan grogna pour lui même « Mais qu'est ce que je vais dire à ses parents ! »

« Tu n'es
pas obligé de le leur dire. Merci Yvan, tu ne le regretteras pas. Je te le promets ! »

Pu
is elle sortit elle aussi, rejoignant Tino qui l'attendait maintenant au coin de la rue. Il avança vers elle, triomphant et passa un bras autour de ses épaules.


« Mer
ci de m'avoir aidé...
- D
e rien. Il faut bien qu'un jour ton travail soit vu ! »


E
t pendant qu'ils marchaient vers leur café préféré, ils ne dirent aucun mot. Tino se rendit compte qu'elle commençait à prendre toute la place « De toute façon, c'est de la foutaise les sentiments. La dernière fois que j'suis tombé amoureux ben... j'me suis fait mal, comme à chaque fois qu'on tombe ! Très peu pour moi. » Il la regarda, elle lui fit un grand sourire, et il en put s'empêcher de penser qu'il avait de la chance de l'avoir trouvée.
Et tan
dis qu'il pensait à ça, Arielle aussi se demandait ce qui était en train de se passer. Elle commençait elle aussi à ressentir des sentiments la changer. Elle songea « Oh non non non ! Ce n'était pas prévu au programme ça !! ».






* ----*
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Christopher allait un peu mieux et avait repris Léo auprès de lui. Certes, son oncle et sa tante s'occupaient très bien de lui, mais dans cette période qui était difficile, surtout pour un enfant de cet âge, il valait mieux que Christopher soit près de lui.
Olivier et Julia en avaient profité pour sortir se promener à deux, comme ils n'avaient plus vraiment eu l'occasion de le faire ces derniers temps. Ils étaient simplement sortis dans la rue, près du parc Montsouris, un joli jardin à l'anglaise où fleurissaient toutes les plus belles plantes. Ils marchaient main dans la main dans ce paysage semblant venir d'ailleurs. Ils s'étaient en quelque sorte éloignés de Paris quelques instants dans ce jardin, puisqu'ils ne pouvaient pas voir par-dessus les allées et c'était beaucoup mieux comme ça.
Fina
lement ils s'assirent sur un banc en regardant passer les gens. Des couples, des personnes seules, des enfants qui jouaient. Tous avaient l'air heureux. Devant ce spectacle de bonheur, Olivier se senti pousser des ailes. Il s'approcha de Julia avec son malicieux sourire en coin et l'embrassa sur le nez, sur les joues, le front puis il atteignit finalement ses lèvres. Elle posa sa tête contre l'épaule de son amoureux se laissant aller à cette sensation grisante de se sentir aimé. Lui aussi ferma les yeux et se laissa emporter. Il les rouvrit et son regard se posa sur les enfants qui jouaient presque devant eux. Il sourit et osa encore lui poser la question.


« J'en veux un...
-
Dis moi lequel, j'essayerais de le mettre sous mon manteau.
-
Julia... J'suis sérieux. »


Le vi
sage de la jeune femme se renfrogna signifiant qu'elle ne voulait plus en parler et elle se redressa. Olivier savait qu'il aurait mieux valut la laisser tranquille mais il ne voulait pas encore une fois laisser passer l'occasion de cette discussion. Mais elle remonta le col de son manteau et se releva du banc sur lequel ils étaient assis en déclarant gentiment. :


« On
rentre ? Il commence à faire frais ...
- C'est ta technique favorite du moment ? demanda Olivier d'un ton qui laissait transparaître son énervement.
- De qu
oi tu parles ? Ca ne va pas ?
- Tu sais
très bien ce qu'il y a... A chaque fois qu'on parle de bébé, tu détournes la conversation, ou pire encore... tu l'arrêtes !
- Je n'ai pa
s envie de parler de ça maintenant c'est tout...
- Mais tu
n'as jamais envie de parler de ça Julia. Jamais !
- Ce n'
est pas...
- Tu te b
raques à chaque fois ... J'voudrais comprendre !
- Il n'y a
rien à comprendre... rien, dit-elle les yeux brouillés par les larmes.
- T'en
veux pas c'est ça ? demanda-t-il d'un ton plus radouci.
- Tu t
e trompes... J'voudrais rentrer à la maison...
- Si
ça c'est pas retourner la conversation... maugréa-t-il en prenant sa main dans la sienne»


Julia ne releva pas sa remarque et ils marchèrent sans bruit jusqu'à l'appartement. Une fois rentrés ils mangèrent et reprirent une conversation normale... comme toutes les fois. Olivier se demanda ce qui arrivait à Julia... comme toutes les fois. Julia se senti un peu coupable... comme toutes les fois.
Une fo
is couchés, Olivier fit mine de s'endormir aussitôt. Alors elle lui prit la main et la posa contre son ventre comme pour se rassurer. Il sentit alors qu'un trouble profond s'était emparé d'elle. Et elle se laissa emporter entre les plumes du sommeil...
Il se dit qu'il fallait qu'il fasse quelque chose. A défaut de pouvoir parler à sa s½ur, il parlerait à Tino.

# Posté le lundi 24 décembre 2007 09:58

Modifié le samedi 16 février 2008 14:22