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17 Aout 2012
17 Aout 2012
« Sortez le test de son emballage, bon merci j'suis pas débile ! Retournez le bâtonnet avec la fenêtre de lecture pour éviter le contact avec l'urine. Placez l'extrémité absorbante du bâtonnet sous le jet d'urine... Jet d'urine... J'ai beau le savoir, je n'ai pas tellement envie de me faire pipi sur les doigts ! » Elle s'assit sur la cuvette et baissa sa culotte, plaça le bâtonnet entre ses jambes et attendit jusqu'à ce que l'extrémité ait fini d'absorber.
Elle remonta sa culotte d'une seule main tout en tenant le bâtonnet dans l'autre pour ne pas le faire tomber. Comme les toilettes du personnel de l'hôpital étaient assez étroites, ce jeu là relevait plutôt de la contorsion. Après avoir vérifié que tous ses vêtements étaient correctement remis, elle se colla contre la porte et attendit en décomptant silencieusement les trois minutes restantes jusqu'à l'apparition du résultat. Dans quelques années elle dirait que ces trois minutes passées à attendre l'affichage de micro barres bleues dans la zone test furent les plus longues de sa vie. Pour l'instant elle patientait, espérant le verdict qui pourrait changer le cours de sa vie.
« Six, cinq, quatre, trois, deux, un... zéro », souffla-elle en retournant le test pour laisser apparaître le résultat et plissa les yeux pour être sûre de bien lire. « Bon, de toute façon je m'y attendais, pas de quoi s'étonner ! ». Elle rangea le test dans sa boite et mis le tout dans la poche de sa blouse. Un peu déboussolée, elle sortit des toilettes et s'engagea dans le couloir menant vers le bureau de Suarez. Elle n'hésita pas à frapper à la porte, et lorsqu'elle s'ouvrit elle mourut d'envie de lui parler de ce qu'elle vivait, mais les mots de brisèrent dans sa gorge et elle lui fit par de toute autre chose.
« Merci de m'avoir fait confiance. De ne pas l'avoir débranchée.
- A vrai dire, moi aussi j'avais l'intime conviction qu'elle allait se réveiller tôt ou tard. Et je n'avais pas envie de perdre une collaboratrice.
- Je n'avais pas envie de perdre ma meilleure amie.
- Julia, ça va ? Je vois bien que ce n'est pas ça que vous vouliez me dire. Entrez. »
Elle entra et il ferma la porte derrière elle.
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Olivier entra dans la chambre où l'attendait Julia, assise sur leur lit. Elle portait cette longue robe bleue qu'elle sortait pour les grandes occasions et souriait. Ce soir là ils devaient tous se rendre à l'hôpital pour tenir compagnie à Marine comme chaque vendredi soir depuis son réveil, et ils avaient décidé que chaque vendredi serait une occasion spéciale. Alors qu'il se préparait, elle se leva et sortit de son tiroir une boîte entourée d'un ruban.
« Tiens, fit-elle en lui tendant la boîte.
- Un cadeau ? Mon anniversaire n'est que demain. Ca porterait malheur dit-il en mettant sa veste.
- Mais non, pour quelques heures, ça ne compte pas! Ouvre-le, demanda-t-elle d'une voix calme. »
Il tira la boucle du ruban qui tomba par terre, et ouvrit la boite noire. Lorsqu'il en sortit ce qu'elle contenait, il afficha un air surpris et fit mine de ne pas reconnaître l'objet.
« Qu'est ce que c'est qu'ce truc ? On dirait un thermomètre... s'étonna Olivier.
- Deux barres c'est oui, une seule c'est non. »
Il retourna le bâtonnet et constata que deux barres s'affichaient lisiblement sur le cadran en fronçant les sourcils.
« Si c'est positif, le résultat reste affiché longtemps ?
- Quelques heures oui.
- Ca veut donc dire que tu es enceinte... se leva-t-il l'air surpris.
- On dirait, oui.
- C'est surprenant, ajouta-t-il en la serrant contre lui.
- Je sais pas trop comment ça a pu arriver. Enfin si... ça s'appelle un « blocage psychomoteur relevant de la psychiatrie ». Je considère ça comme une sorte de miracle mais en réalité je crois que je m'étais persuadée de ma stérilité, et ça a fini par être vrai psycho somatiquement. Je suis désolée, tu t'étais peut être fait à l'idée qu'on n'aurait jamais d'enfants...
- Tu rigoles j'espère ? demanda-t-il en s'écartant d'elle. C'est génial ! Surtout quand on s'y attend plus, non ? »
Elle préféra ne pas répondre et sourit. Olivier se sentit très léger, alors il prit Julia par la main, ils sortirent de leur appartement et refermèrent la porte derrière eux. Ils dévalèrent l'escalier et se retrouvèrent dans la rue en marchant, sereins et confiants. A présent tout irait bien.
