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Tino s'éveilla dans sa 206 Peugeot orange et striée de quelques rayures. Il soupira en s'étirant. Il regarda aux alentours et se rendit compte à regret qu'il s'était encore endormit sur le parking de Monoprix. Il passa la main dans ses cheveux pour essayer de les discipliner un peu en se regardant dans le rétroviseur. Il était tôt. Beaucoup trop tôt. Il soupira encore et sorti de la voiture pour se dégourdir les jambes. Il en fit le tour et s'assit sur le capot. En passant ses mains sur son visage anguleux et en touchant sa barbe, il constata qu'il avait grand besoin de se raser. Il écarta les bras en l'air comme pour dire bonjour au soleil qui commençait à se lever, et s'allongea contre le capot orange de sa voiture.
Il écarquilla les yeux en se remémorant les éléments de la veille. Il avait un peu traîné toute la journée dans la capitale parisienne grouillant de monde... lui qui détestait ça, un vrai supplice. La foule lui donnait depuis toujours le tournis. Il avait été obligé de se promener les mains dans les poches, raide, devant s'écarter à chaque fois qu'il marchait sur un trottoir bondé de monde. Il ne le supportait plus. C'était en partie pour ça qu'il s'était enfui il y a dix ans. N'y tenant plus, et après avoir mangé un croissant bien trop gras pour être honnête, il avait remonté la rue, et avait sonné à la porte de sa cousine.
Julia lui ouvrit et un sourire mitigé s'afficha sur son visage. Elle paraissait ne pas savoir quoi faire. Elle était partagée entre l'envie de lui sauter au cou et l'envie de lui crier sa ranc½ur accumulée depuis toutes ses années. Elle baissa la tête. Tino remarqua que des petites tâches rouges se formaient au niveau de son cou et trahissaient son stress. Il sourit en se remémorant tous ses tics et ses manies, qu'il n'avait pas oubliés. Ses cheveux avaient foncés, et encadraient parfaitement son visage rond. Elle redressa la tête en replaçant une mèche de cheveux. Il lui sourit et murmura un faible « Bonjour » atténué par l'émotion. Julia s'approcha doucement de lui, passa une main sur la joue de son cousin pour essayer de reconstituer ce visage qui lui avait tant manqué. D'un coup il retira sa main et se colla violemment contre elle. Elle lui avait tant manqué. Elle lui avait trop manqué. Il glissa la tête sans son cou, sentit quelques larmes couler sur ses joues, et des sanglots parcourir sa cousine. Il se serra un peu plus contre elle et ils restèrent enlacés sur le pas de la porte pendant plusieurs instants.
Une fois qu'ils eurent consenti à se séparer, ils entrèrent dans l'appartement. Julia alla à la cuisine préparer du café noir. Tino l'accompagna et ils s'assirent à la petite table. Un silence pesant s'installait petit à petit entre eux. Finalement il prit la parole en soulevant sa tasse.
« Tu t'es souvenue que je n'aime que le café noir ?
- Et je m'en serais souvenue pendant encore longtemps...
- T'as changée, dit-il en souriant.
- Toi aussi. On dirait que tu as enfin trouvé quoi faire de ta vie.
- A trente-six ans seulement, oui. J'ai réalisé que je ne pouvais plus vivre loin de ma famille en permanence.
- Pourtant je croyais que ton métier te passionnait.
- Il me passionne toujours. Cela dit, j'ai pris conscience que la vie était courte et qu'il fallait profiter de chaque instant avec ceux qu'on aime.
- Même si ceux là sont déjà engagés ? répliqua Julia voulant le faire réagir.
- Tu parles de Marine ?
- Oui, elle est mariée et elle a un petit garçon adorable...
- Tu es toujours aussi proche d'elle alors.
- Elle fait réellement partie de ma famille maintenant, ajouta-t-elle en espérant que Tino comprenne le sous-entendu.
- Tu t'es remariée ? Avec Olivier ? demanda-t-il curieux.
- On n'a jamais parlé concrètement de mariage, mais je crois que ni l'un ni l'autre n'y attachons une grande importance.
- T'as peur ?
- De quoi ?
- Que ça foire.
- Un autre mariage ? Mais c'est totalement différent ! Notre mariage n'a pas échoué... François est mort dans un accident de voiture.
- J'm'en veux de ne pas avoir été là quand c'est arrivé tu sais...
- Ça suffit ! J'estime que j'ai versé assez de larmes. Mais j'veux qu'il reste à tout jamais dans mon c½ur. C'est le principal pour moi. Je ne veux plus avoir à en parler comme ça tu comprends ? J'en ai marre qu'on fasse une tête dépitée lorsqu'on me parle de lui. J'veux plus qu'on ait des « désolés » plein la bouche alors qu'on la à peine connu... C'est pas parce que j'ai séché mes larmes que j'pense plus à lui. »
D'un coup, Julia se tût, consciente qu'elle s'emportait contre quelqu'un qui l'avait toujours soutenue et aimée. Tino se rapprocha d'elle et la prit tout doucement dans ses bras, comme lorsqu'il la consolait de tous ses maux pendant leur adolescence. Elle lui murmura :
« T'sais quoi ? J'avais préparé toute une longue tirade sur les valeurs, sur la famille... 'Fin tous les trucs que t'as pas trop respectés ces dix dernières années. Mais quand j't'ai vu, les mots n'ont pas voulus sortir de ma bouche »
Elle avait dit ça, d'une façon si désinvolte que Tino ne put s'empêcher de rire.
Elle entendit une clé dans la serrure et se redressa. Olivier entra dans la cuisine et parut très surpris de trouver Tino ici. Il jeta ses clés sur la table de cuisine et tendit une main à l'homme qui se tenait devant lui. Julia, restée en arrière appréhendait la situation. Elle savait bien qu'Olivier en voulait un peu à Tino d'être parti sans prévenir et de n'avoir donné aucun signe de vie pendant ses dernières années. Elle savait également qu'Olivier lui reprochait son départ et d'avoir lâchement abandonné Marine. Mais ses doutes furent dissipés quand les mains des deux hommes se touchèrent. Olivier secoua la tête et lâcha « C'est complètement ridicule » en le serrant dans ses bras.
« C'est pas parce qu'on ne s'est pas vus pendant longtemps qu'on doit faire comme si on ne se connaissait pas !
- J'suis content que ça se passe comme ça. Vous m'avez manqué vous savez ?
- A nous aussi tu nous as manqué, dit Julia en se collant à Olivier.
- Tu dois avoir beaucoup de choses à nous raconter non ? demanda Olivier impatient.
- Oh oui, j'ai pas mal d'anecdotes en réserve, dit-il en riant.
- Et bien ça tombe bien, car Marine, Christopher et Léo viennent dîner ce soir à la maison ! »
À ces mots Tino se sentit défaillir et dut s'agripper à une chaise. Il chercha une réponse, une issue de secours dans les yeux de sa cousine qui paraissait tout aussi paniquée que lui.
Il écarquilla les yeux en se remémorant les éléments de la veille. Il avait un peu traîné toute la journée dans la capitale parisienne grouillant de monde... lui qui détestait ça, un vrai supplice. La foule lui donnait depuis toujours le tournis. Il avait été obligé de se promener les mains dans les poches, raide, devant s'écarter à chaque fois qu'il marchait sur un trottoir bondé de monde. Il ne le supportait plus. C'était en partie pour ça qu'il s'était enfui il y a dix ans. N'y tenant plus, et après avoir mangé un croissant bien trop gras pour être honnête, il avait remonté la rue, et avait sonné à la porte de sa cousine.
Julia lui ouvrit et un sourire mitigé s'afficha sur son visage. Elle paraissait ne pas savoir quoi faire. Elle était partagée entre l'envie de lui sauter au cou et l'envie de lui crier sa ranc½ur accumulée depuis toutes ses années. Elle baissa la tête. Tino remarqua que des petites tâches rouges se formaient au niveau de son cou et trahissaient son stress. Il sourit en se remémorant tous ses tics et ses manies, qu'il n'avait pas oubliés. Ses cheveux avaient foncés, et encadraient parfaitement son visage rond. Elle redressa la tête en replaçant une mèche de cheveux. Il lui sourit et murmura un faible « Bonjour » atténué par l'émotion. Julia s'approcha doucement de lui, passa une main sur la joue de son cousin pour essayer de reconstituer ce visage qui lui avait tant manqué. D'un coup il retira sa main et se colla violemment contre elle. Elle lui avait tant manqué. Elle lui avait trop manqué. Il glissa la tête sans son cou, sentit quelques larmes couler sur ses joues, et des sanglots parcourir sa cousine. Il se serra un peu plus contre elle et ils restèrent enlacés sur le pas de la porte pendant plusieurs instants.
Une fois qu'ils eurent consenti à se séparer, ils entrèrent dans l'appartement. Julia alla à la cuisine préparer du café noir. Tino l'accompagna et ils s'assirent à la petite table. Un silence pesant s'installait petit à petit entre eux. Finalement il prit la parole en soulevant sa tasse.
« Tu t'es souvenue que je n'aime que le café noir ?
- Et je m'en serais souvenue pendant encore longtemps...
- T'as changée, dit-il en souriant.
- Toi aussi. On dirait que tu as enfin trouvé quoi faire de ta vie.
- A trente-six ans seulement, oui. J'ai réalisé que je ne pouvais plus vivre loin de ma famille en permanence.
- Pourtant je croyais que ton métier te passionnait.
- Il me passionne toujours. Cela dit, j'ai pris conscience que la vie était courte et qu'il fallait profiter de chaque instant avec ceux qu'on aime.
- Même si ceux là sont déjà engagés ? répliqua Julia voulant le faire réagir.
- Tu parles de Marine ?
- Oui, elle est mariée et elle a un petit garçon adorable...
- Tu es toujours aussi proche d'elle alors.
- Elle fait réellement partie de ma famille maintenant, ajouta-t-elle en espérant que Tino comprenne le sous-entendu.
- Tu t'es remariée ? Avec Olivier ? demanda-t-il curieux.
- On n'a jamais parlé concrètement de mariage, mais je crois que ni l'un ni l'autre n'y attachons une grande importance.
- T'as peur ?
- De quoi ?
- Que ça foire.
- Un autre mariage ? Mais c'est totalement différent ! Notre mariage n'a pas échoué... François est mort dans un accident de voiture.
- J'm'en veux de ne pas avoir été là quand c'est arrivé tu sais...
- Ça suffit ! J'estime que j'ai versé assez de larmes. Mais j'veux qu'il reste à tout jamais dans mon c½ur. C'est le principal pour moi. Je ne veux plus avoir à en parler comme ça tu comprends ? J'en ai marre qu'on fasse une tête dépitée lorsqu'on me parle de lui. J'veux plus qu'on ait des « désolés » plein la bouche alors qu'on la à peine connu... C'est pas parce que j'ai séché mes larmes que j'pense plus à lui. »
D'un coup, Julia se tût, consciente qu'elle s'emportait contre quelqu'un qui l'avait toujours soutenue et aimée. Tino se rapprocha d'elle et la prit tout doucement dans ses bras, comme lorsqu'il la consolait de tous ses maux pendant leur adolescence. Elle lui murmura :
« T'sais quoi ? J'avais préparé toute une longue tirade sur les valeurs, sur la famille... 'Fin tous les trucs que t'as pas trop respectés ces dix dernières années. Mais quand j't'ai vu, les mots n'ont pas voulus sortir de ma bouche »
Elle avait dit ça, d'une façon si désinvolte que Tino ne put s'empêcher de rire.
Elle entendit une clé dans la serrure et se redressa. Olivier entra dans la cuisine et parut très surpris de trouver Tino ici. Il jeta ses clés sur la table de cuisine et tendit une main à l'homme qui se tenait devant lui. Julia, restée en arrière appréhendait la situation. Elle savait bien qu'Olivier en voulait un peu à Tino d'être parti sans prévenir et de n'avoir donné aucun signe de vie pendant ses dernières années. Elle savait également qu'Olivier lui reprochait son départ et d'avoir lâchement abandonné Marine. Mais ses doutes furent dissipés quand les mains des deux hommes se touchèrent. Olivier secoua la tête et lâcha « C'est complètement ridicule » en le serrant dans ses bras.
« C'est pas parce qu'on ne s'est pas vus pendant longtemps qu'on doit faire comme si on ne se connaissait pas !
- J'suis content que ça se passe comme ça. Vous m'avez manqué vous savez ?
- A nous aussi tu nous as manqué, dit Julia en se collant à Olivier.
- Tu dois avoir beaucoup de choses à nous raconter non ? demanda Olivier impatient.
- Oh oui, j'ai pas mal d'anecdotes en réserve, dit-il en riant.
- Et bien ça tombe bien, car Marine, Christopher et Léo viennent dîner ce soir à la maison ! »
À ces mots Tino se sentit défaillir et dut s'agripper à une chaise. Il chercha une réponse, une issue de secours dans les yeux de sa cousine qui paraissait tout aussi paniquée que lui.
Musique:
Wonderwall - Oasis
Wonderwall - Oasis
![[ 4 ] E l l e . e s t . m a r i é e . e t . a . u n . p e t i t . g a r ç o n . a d o r a b l e](http://dd.img.v4.skyrock.net/dd9/sur-les-etoiles/pics/743269439_small.jpg)